La dégustation du cigare et ses saveurs

 

Un cigare ne se fume pas, il se savoure et se déguste. C'est pour cela que certains n'en allument un que pour fêter quelque chose, pour se relaxer ou pour décompresser après une dure journée de travail. Vous allez voir qu'il faut un certain nombre de prérequis pour déguster au mieux sa tige.

Comment déguster un cigare ?

Les amateurs de cigares aiment prendre le temps, car ils aiment aussi pouvoir aller jusqu'au bout de leur cigare. C'est pour cette raison qu'avant d'entamer leur rituel, ils s'assurent d'avoir un moment suffisant devant eux, ainsi que la tranquillité de pouvoir le faire. Chaque fumeur a ses propres habitudes, mais en règle générale, la dégustation s'articule en 7 étapes, la dernière n'étant pas automatique :

  • Le toucher et la vue : il s'agit d'un premier contact entre le fumeur et sa tige. Grâce à cela les plus experts seront en mesure d'apprécier son degré d'humidité, la qualité de son roulage et de sa tripe, ainsi que sa fraîcheur. Plus le cigare sera humide et meilleurs seront ses arômes. Au contraire, plus il sera sec et plus son goût sera fort. Petite astuce : les Cubains ont tendance à plonger la tête d'un cigare trop sec dans un verre de rhum, le temps que l'humidité se propage le long de la tige. Les cigares cubains se jaugent au côté huileux de leur cape. Plus celle-ci est « grasse » et plus les arômes seront succulents ! Toucher le cigare va permettre de déceler les divers défauts de conception, comme les nœuds, les bûches ou les vides. Certains amateurs préfèreront un grain lisse et sans nervures.
  • L'odorat : il n'est pas rare de voir un fumeur sentir son cigare avant de l'allumer. Cela permet de s'imprégner de ses divers arômes avant de le brûler. En effet, les odeurs dégagées seront les mêmes que celles inhalées et sublimées par la chaleur de la flamme. C'est aussi une façon de voyager dans les plantations de cigares grandissant sous le soleil de leur terroir.
  • La coupe du cigare : avant d'allumer une tige (surtout celles roulées à la main), il convient de couper la coiffe, c'est-à-dire, la partie que le fumeur va porter à sa bouche. Le mieux reste de couper à l'endroit où les feuilles sont enroulées horizontalement. Et cette étape doit être minutieuse. En effet, la coupe doit être franche et sans imperfection, car cela serait préjudiciable au goût et aux arômes. Une lame mal tranchée va abimer le cigare et risquer de laisser des morceaux de feuilles sur vos lèvres pendant la dégustation. Pour cette étape, investir dans un coupe-cigare semble incontournable. Il permet une coupe nette et précise de la tige, sans risquer de l'abîmer. Les lames en métal sont grandement recommandées, tout comme la double lame. Certains préfèreront le ciseau. Cela semble plus esthétique, mais rapidement encombrant en cas de déplacement. Des emporte-pièces sont désormais sur le marché et se sont avérés fort utiles. Sur porte-clés ou directement en poche, ils sont peu encombrants. Néanmoins, ils ne sont pas conseillés sur les vitoles de gros diamètre.
  • Tirer sur le cigare avant de l'allumer : cette étape est aussi appelée « tirer à cru ». Beaucoup de fumeurs non initiés oublient ou négligent ce moment. Et pourtant, c'est là que tous les arômes purs du cigare viennent en bouche. C'est ainsi que chaque vitole délivre tous ses secrets aux palais des amateurs.
  • Allumer le cigare : vient maintenant le moment d'enflammer le cigare. Mais attention, une fois de plus, cela ne se fait pas n'importe comment. En effet, l'allumage est une étape cruciale qui va déterminer la qualité de la dégustation. Il existe deux écoles : les adeptes de l'allumette et ceux du briquet à gaz. Le mieux reste de tester les deux méthodes et de faire sa propre idée sur le sujet. Mieux vaut proscrire le briquet à essence, l'allume-cigare voire pire : la bougie. Pour allumer son cigare, il s'agit d'approcher la flamme du pied, sans le toucher, tout en faisant tourner le cigare sur lui-même, jusqu'à l'incandescence. Cette étape va permettre de brûler le tabac sans agression et donc sans destruction. C'est à ce moment qu'il doit être porté à la bouche afin de tirer quelques bouffées. C'est à ce moment que la dégustation débute.
  • La dégustation : celle-ci a lieu en trois temps, correspondant aux trois tiers du cigare. Dans le premier tiers, tous les arômes ne sont pas encore développés. Il peut arriver que les premières bouffées surprennent par leurs notes inattendues. Ce n'est qu'au bout de quelques instants que les saveurs se délient. Arrivant dans le deuxième tiers, le fumeur va pouvoir savourer son cigare dans le sens propre du terme. En effet, c'est à ce moment-là que tous les arômes sont le plus perceptibles, donnant au module, toute la finesse et la qualité attendue. Enfin, dans le troisième tiers, le goût est bien plus fort. Les amateurs apprécient ce moment, car il dégage toute la puissance des arômes. Bien sûr, pour profiter de cet instant au maximum, il est conseillé d'être dans une ambiance de parfaite tranquillité, voire de zénitude !
  • Le dégazage : parfois, le goût du troisième tiers peut être réellement trop fort. Cela est peut-être le résultat de présence de gaz de combustion. Il faut alors procéder à son dégazage. Pour y parvenir, il faut suivre quatre étapes : approcher une flamme à 2 cm du foyer, souffler dans le cigare. Attention, les gaz vont s'échapper vers la flamme et risquent donc de s'embraser : la prudence est de mise ! Enfin, il conviendra de souffler lentement, jusqu'à ce que la flamme s'éteigne. Cela signera le dégazage du cigare et il est donc à nouveau prêt à être consommé.

Savourer un cigare demande des principes de base, au même titre que ceux nécessaires à la dégustation d'un vin. Mais chaque fumeur va posséder son propre rituel et ses propres techniques. C'est pour cela que fumer un cigare est un art à part entière, qu'il faut peaufiner au fil du temps. Attention, il est aussi conseillé de faire maturer ses puros avant conservation ! Comme le vin, les arômes se modifient avec le temps et deviennent encore meilleurs !